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[INTERVIEW] Stéphane Yaïch : le bonheur au travail, ça se cultive !

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82% des salariés estiment que l'entreprise est responsable de leur bonheur (selon une étude Ifop). Mais le bonheur, à la vie comme au bureau, ne se décrète pas. Comment (re)donner le sourire aux collaborateurs ?

 

Stéphane Yaïch se définit comme un «  Chasseur de stress ». Après un parcours professionnel de 30 ans à la direction d’agences de communication, il est aujourd'hui coach et sophrologue certifié, conférencier et formateur spécialisé en « bien vivre au travail ». Il s’appuie sur sa propre expérience du burn-out pour accompagner les salariés, les managers sur la prévention du stress, et sur les différentes dimensions du bien-être au travail.

 

 


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Marque de fabrique des leaders, l'optimisme est avant tout une manière de penser différemment.

 

 

1. Pourquoi les entreprises ont-elles un rôle à jouer dans le bien-être de leurs collaborateurs ? 

"En 2019, le coût du mal-être au travail était estimé à 13 440 € par salarié, par an. 

 

L’entreprise est l’endroit où l’on passe le plus de temps dans notre vie (avec notre lit). Il est donc normal que notre lieu de travail soit un espace épanouissant qui nous aide à nous sentir bien, à vivre sereinement, professionnellement et sur le plan personnel.

 

Aujourd’hui, on parle beaucoup d’expérience collaborateur, comme on évoquait jusque-là l’expérience client. Depuis le moment où le collaborateur entre en contact avec son entreprise, dès la phase de recrutement, jusqu’à son départ, et même au-delà, il vit pleinement cette expérience.

 

Chaque journée passée dans l’entreprise est une pierre apportée à l’édifice de l’expérience collaborateur. Il est donc essentiel pour l’employeur, autant que pour le salarié, qu’elle soit 100% positive, pour faire de chaque journée de travail un moment de plaisir, et non de souffrance, pour créer des espaces de travail qui soient en phase avec la notion de qualité de vie au travail et d’efficacité, pour favoriser des relations interpersonnelles sereines, pour aider les collaborateurs à développer de nouvelles compétences, tant professionnelles que personnelles, telles que l’Intelligence Emotionnelle ou la gestion du stress. 

 

Au cœur des soft skills, une mauvaise gestion du stress et des émotions sont les principaux obstacles au bien-être des salariés, mais encore plus des managers, et des dirigeants. Car un manager stressé est un manager stressant… L’ayant été moi-même, je ne peux que conseiller chaque manager de se former tant au management, qu’à la gestion du stress.

 

Dans un monde de plus en plus complexe, dans lequel l’urgence et le changement permanent sont devenus la norme, le collaborateur a besoin d’être guidé et accompagné avec bienveillance, d’être secouru parfois, et surtout d’être remercié et félicité. Il ne s’agit pas de le faire une fois par an, lors de l’entretien d’évaluation, mais chaque jour, à chaque fois que l’occasion se présente.

 

L’entreprise a donc un rôle-clé à jouer pour faire en sorte que les contraintes professionnelles que sont la pression de l’activité, le manque d’autonomie, la surcharge de travail, les imprévus professionnels ou le changement, ne deviennent pas des remparts contre le bien-être au travail.

 

Et nous ne le savons que trop, un collaborateur heureux au travail est un collabor’acteur positif qui, en communiquant sur son entreprise à l’extérieur, fait savoir auprès des nouveaux talents, que c’est un endroit où il fait bon travailler."

 


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2. On connaît les Chief Happiness Officers, un métier en vogue ces dernières années. Mais qui sont les autres responsables du bonheur dans une entreprise et comment les sensibiliser à l'importance du bien-être ? 

 

"J’ai déjà entendu des managers dire qu’ils n’étaient pas responsables du bonheur des salariés. Ils n’en n’ont pas la responsabilité, mais ils en sont, en grande partie, les activateurs

 

Un manager dont les consignes sont floues est un facteur de stress. Lorsqu’il ne sait pas anticiper et gérer les surcharges de travail, ou qu’il n’encourage pas la bienveillance et la solidarité au sein de son équipe, en cas de coup dur, il est responsable du mal-être de ses collaborateurs. Lorsqu’il ferme les yeux sur les conflits, voire qu’il les encourage, il devient un manager toxique. Lorsqu’il manage par la peur, il devient même dangereux pour la santé mentale et physique de ses collaborateurs.

 

Quand un manager ne sait pas identifier le stress chronique et l’épuisement professionnel d’un membre de son équipe, son irresponsabilité peut le rendre juridiquement responsable d’un potentiel accident du travail."

 

"Les responsables du bonheur dans l’entreprise se trouvent
à tous les étages du management"

 

 

"C’est pour avoir vécu ces situations pendant plus de 15 ans avec un manager peu attentif au bonheur de ses équipes, que ma carrière de manager en agence de communication, s’est achevée violemment par un double burn-out.

 

Donc, pour répondre à votre question, les responsables du bonheur dans l’entreprise se trouvent à tous les étages du management, en commençant par les membres du Comité de Direction qui, tout en respectant les objectifs des actionnaires, doivent garder à l’esprit qu’une entreprise heureuse est une entreprise performante.

 

Et le bonheur ne rime pas nécessairement avec baby-foot. C’est en étant exemplaires, et en faisant redescendre cette exemplarité jusqu’au plus bas niveau hiérarchique, en l’insufflant dans toutes les décisions, qu’ils sauront faire de leur entreprise une entreprise qui rayonne et qui réussit."

 

 

 

 

3. Vous intervenez aussi dans des entreprises pour sensibiliser les directions et les équipes au droit à la déconnexion. Comment l'encourager ?  

 

"La déconnexion est un sujet majeur dont les entreprises comprennent aujourd’hui le véritable enjeu.

 

La multiplication des usages numériques a également multiplié les conséquences sur la santé physique des salariés, avec notamment une dégradation de la vue, une amplification des troubles musculo squelettiques, des conséquences fâcheuses sur la qualité du sommeil et sur l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle."

 

 

 

"Déconnecter ne veut pas dire tout couper ! Cela signifie que l’on peut prendre le meilleur du numérique, tout en se protégeant de ses excès."

 

 

 

"Avec la transformation digitale de nombreux métiers et le développement du télétravail, le  numérique est entré de plain-pied dans la vie de chacun, créant une véritable pression psychologique, génératrice de stress numérique. L’hyperconnexion, l’infobésité et le multitasking sont devenus des accélérateurs de mal-être des salariés et des managers.

 

Il est donc important pour les entreprises de développer une nouvelle forme d’écologie permettant de préserver la santé physique et psychologique des collaborateurs : l’écologie numérique

 

Il s’agit de prendre conscience des comportements nocifs qui se sont instaurés de manière implicite, de faire le tri dans ceux qui polluent le bien-être des collaborateurs, tout en préservant leur efficacité et d’assainir les environnements de travail.

 

Déconnecter ne veut pas dire tout couper ! Cela signifie que l’on peut prendre le meilleur du numérique, tout en se protégeant de ses excès.

 

Cela passe par des actions de sensibilisations, telles que des conférences, par de la formation, par des ateliers, et surtout par la création d’une charte d’écologie numérique reposant sur de vrais actes éco-responsables tels que la création d’un guide de bonne utilisation de la messagerie ou l’optimisation des flux de communication en interne.

 

Une fois de plus, le manager est le pivot de l’accompagnement du droit à la déconnexion. Déconnecter, cela peut vouloir dire changer ses habitudes, changer ce qui s’est enraciné avec le temps, les règles implicites, la manière de travailler, la manière de collaborer et de communiquer entre le manager et son équipe. 

 

Ces règles implicites, comme répondre à un mail dans les 2 minutes, ou consulter ses mails depuis son domicile, reposent sur des non-dits. Personne ne l’a jamais écrit, mais tout le monde le fait. Et ce n’est pas parce qu’on l’a toujours fait que l’on doit continuer de le faire !

 

Déconnecter, c’est changer… Accompagner la déconnexion, c’est accompagner le changement !"



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Donner la parole aux collaborateurs est essentiel pour établir une relation de confiance.

 

 

4. Pour finir, pouvez-vous nous donner 4 conseils pour cultiver efficacement et rapidement le bonheur au travail ? 

Donnez du sens 

"Beaucoup de salariés sont en perte de sens et de repères. Lorsque l’on accompagne une mission, du sens de la mission, on favorise l’engagement car on donne la possibilité à l’individu de se projeter dans la réussite collective, de s’y reconnaître."

 

Donnez la parole

"En donnant la possibilité à chacun de s’exprimer et de contribuer, à condition de prendre en compte la parole donnée, l’entreprise se met dans une posture d’écoute qui est essentielle dans la relation de confiance qu’elle établit avec ses collaborateurs."

 

Cultivez l’optimisme

"Marque de fabrique des leaders, l’optimisme est avant tout une manière de penser différemment, et de communiquer cette capacité autour de soi pour en faire un outil de motivation et de performance. Bref, c’est un super-pouvoir à développer et entretenir." 

Célébrez les succès

"Chaque petite victoire est une invitation à aller toujours plus haut et à s’engager encore plus loin : lorsque l’on me félicite pour le petit pas que je viens de faire, je me sens plus fort pour en faire un grand !"