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Le droit à la déconnexion : pourquoi c'est essentiel, surtout en télétravail

Le droit à la deconnexion en télétravail est essentiel

Un salarié en bonne santé et épanoui, c’est un collaborateur qui peut déconnecter. Le droit à la déconnexion est primordial pour assurer une bonne qualité de vie au travail à vos employés. Or, en télétravail, la frontière entre la vie professionnelle et la vie personnelle de vos collaborateurs a tendance à se flouter... Repas devant l’ordinateur, mails tardifs… Parvenir à couper et éteindre son écran peut être un vrai casse-tête pour certains !


Télétravail ou pas : comment faire en sorte que vos collaborateurs réussissent à rétablir cette frontière pour éviter l’hyperconnexion et garantir l’équilibre pro / perso ?



Qu’est-ce que le droit à la déconnexion ?

La France est le 1er pays à inscrire ce droit dans la Loi Travail promulguée en 2016 et entrée en vigueur en janvier 2017. Le droit à la déconnexion stipule qu’en dehors de ses heures de travail, tout salarié est en droit de ne pas être connecté aux outils numériques professionnels (ordinateur, mails, téléphone portable) ni joignable par son employeur pour des motifs liés à l'exécution de son travail. Le droit à la déconnexion, c’est permettre au collaborateur de trouver son équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, d’assurer le respect de la vie personnelle et familiale et protéger la santé de tous les salariés.

 

Ce droit passe notamment par le respect des horaires, pauses et congés des salariés. Les entreprises doivent trouver un accord employeur-salariés afin de fixer les plages horaires durant lesquelles le collaborateur peut être déconnecté de ses outils numériques et ne pas être joignable.

 

En cas de non respect de ce droit à la déconnexion, les conséquences peuvent être lourdes pour l’employeur comme pour le salarié ! Tout d’abord pour la santé mentale du collaborateur en question. L'entreprise peut également être condamnée pour faute inexcusable si un salarié est malade ou est victime d’un accident en raison du non-respect de ce droit à la déconnexion.

 


Un besoin de déconnexion encore plus important en télétravail

Si le télétravail s’est révélé comme un mode de travail avec bien des avantages dont notamment plus d’autonomie, de liberté et de flexibilité mais également une meilleure productivité et une réduction du temps de transport. En télétravail, l’un des risques majeurs est l'effacement de la frontière entre perso et pro… Quand la table du salon devient votre bureau de travail et les 4 murs de votre maison votre espace de travail quotidien, décrocher devient plus compliqué. Entre les réunions qui commencent à 8h30, la pause déjeuner de 30 minutes ou même parfois devant l’écran et une tâche qui peut s'éterniser jusqu'à 21h... la crise sanitaire et la mise en place du télétravail génèrent pour certains du stress et un temps d’écran bien supérieur à la normale. Selon un rapport du Parlement Européen, 27% des collaborateurs en télétravail dépassent leurs horaires.


Cette connexion permanente a eu un impact néfaste sur l’état de santé mentale de ces salariés, les conduisant parfois jusqu’au burn out. En manque d’équipements informatiques et face à la multiplication des canaux de communication, c’est un nouveau rythme de travail qui doit amener les entreprises à refaçonner ce droit si précieux pour le bien-être de leurs collaborateurs.

 

 

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Et la loi dans tout ça ?

Quel est votre rôle et vos obligations en tant qu’employeur ? Le droit à la déconnexion figure dans le Code du travail et dans la loi El Khomri, adoptée le 21 juillet 2016 dans un souci d’adapter le droit du travail à l’ère du digital. Cependant cette loi ne prévoit pas de définition claire et précise du droit à la déconnexion, il revient donc aux entreprises de préciser ses modalités d’exercice. Pour cela, elles sont tenues de rédiger une charte. Ainsi, chaque entreprise à sa propre définition du droit à la déconnexion.

 

En termes de jurisprudence, en juillet 2018, la Cour de cassation a rappelé l'obligation, pour une entreprise, d'indemniser ses salariés contraints indûment de rester disponibles. Un salarié n’ayant pas accès à ce droit peut obtenir un dédommagement de plus de 60 000 euros

 

Les bonnes pratiques pour déconnecter

Pour passer de la théorie à  la pratique, cela ne se fait pas en un claquement de doigts. Quelques bonnes pratiques peuvent vous aider à garantir cette coupure entre vie professionnelle et vie personnelle et encore plus en télétravail. 

 

En tant qu’employeur conscient des risques engendrés par un télétravail généralisé, la santé de vos salariés est une priorité. Alors, mettre en place des consignes pour permettre la déconnexion est la solution. Par exemple, vous pouvez installer un logiciel de blocage des emails et des calls pro après une certaine heure, des dispositifs de mise en veille des serveurs informatiques en dehors des heures de travail. Définir des plages horaires de travail pour les salariés et activer des messageries d'absence et de réorientation sont également des outils efficaces. 

 

Par ailleurs, faites profiter vos salariés d'avantages salariés qui les fassent sortir de leur bulle professionnelle : projet sport & bien-être, réductions sur certaines sorties culturelles...


Suite à la mise en pratique de ces différents dispositifs, communiquez au sein de votre entreprise sur ces nouvelles pratiques. Rappelez à vos salariés l'importance des temps de repos, de déconnexion des outils numériques et votre souhait de préserver leur bien-être et leur santé. Après quelques temps,  il faudra contrôler ces mesures et, au besoin, les compléter selon la satisfaction de vos collaborateurs.