Le bonheur comme objectif : le quotidien du Chief Happiness Officer

Fiche métier

03/06/2019

4 min de lecture

Il est la réponse à la multiplication des cas de burn-out, il investit les entreprises pour répandre joie, bonheur, et allégresse au sein d’équipes qui ne se contentent plus de projets professionnels communs pour fonctionner. Mais qui est le Chief Happiness Officer ? Est-ce un office manager qui cache bien son jeu ? Est-il vraiment heureux ?

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Entre 2014 et 2016, le nombre de postes ouverts dans le domaine a vécu un bon considérable de 967%*, ils pullulent partout, de la startup à l’entreprise du CAC 40, et il n’y a qu’à consulter les offres d’emplois pour s’en convaincre : l’officier en chef du bonheur doit sauver l’entreprise. La sauver de quoi ? En premier lieu d’elle-même. D’une lame de fond qui ne surprend personne et qui se dresse à l’horizon depuis les années 60. A une époque qui dessine les prémices de l’investissement émotionnel du consommateur comme courroie d’entraînement de la consommation, la réponse du monde salarié produit l’inverse dans ses propres rangs.


On prône l’affranchissement des contraintes quotidiennes, l’ouverture au monde, le voyage, l’aventure et l’hédonisme, mais on produit de l’isolement, de la précarisation chez les travailleurs.


Il y a un loup quelque part. Et il ne semble pas prêt de quitter la bergerie. Bien alimenté par les réseaux sociaux agissant comme des caisses de résonance de messages de marque toujours plus moralisateurs sur la vie que doivent espérer les consommateurs, le décalage se creuse entre aspiration et réalité. Et au fond de ce ravin se développe des maux bien connus : bore, brown ou burn-out.


Il était temps que quelqu’un agisse. Et c’est ainsi que le Chief Happiness Officer a fait une entrée fracassante au hit-parade des nouveaux métiers à la cool. Parce que oui, rendre les autres heureux, c’est quand même plutôt cool. Toujours plus que de les rendre malheureux.


Périmètre du commander in chief of bonheur


Selon une étude menée par Stimulus Conseil, 52 % des français se disent anxieux au travail et 32% y sont dépressifs. Aller trouver le bonheur au milieu de cette ambiance est loin d’être chose aisée et annoncer qu’un responsable du bonheur va arriver dans votre entreprise sera surement loin d’inverser la tendance.


Ramener les chouquettes pour le petit déjeuner et imposer des post-it de couleurs à tout le monde, peu de chance que cela ne suffise.


Alors pour agir, le CHO doit actionner différents leviers d’actions : 

 

S’engager à ce que tous les employés soient traités de la même façon


Cela semble être une évidence, mais le mauvais traitement est l’une des causes principales du « turnover » dans le monde du travail. Tous les salariés méritent d’être traités avec respect. Rien ne donne le droit à un employeur de se comporter avec ses salariés comme s’ils étaient une « ressource » défectueuse qui ne correspond pas aux normes.


Une étude a montré que seulement 44 % des employés affirment être estimés par leur employeur. Or, le respect est un composant essentiel du bien-être au travail.

 

Satisfaire les besoins de sécurité et d’appartenance

D’après la pyramide de Maslow, si les besoins primaires d’un employé ne sont pas satisfaits, il est inutile d’essayer de satisfaire ses besoins d’estime, moteur essentiel de la perception du bonheur.

 

Porter la voix des employés

Toutes les personnes qui travaillent pour une entreprise doivent être entendues. Pour ce faire, ils ont besoin que leurs idées et leurs besoins soient pris en considération. Peu importe s’il s’agit d’un appel téléphonique, un e-mail ou un retour sur leur travail, ils ont besoin de savoir que quelqu’un les écoute et les considère.


Aller vers l’autre comme rempart contre la solitude


Dans les faits ? Créer des occasions de partage et de rencontres, comme l’explique Charlotte, CHO chez Sodexo : « je suis chargée d’amener de la convivialité dans l’immeuble. Pour cela, j’organise une quinzaine d’événements internes et animations chaque mois autour de quatre thématiques. Il y a le 'bien-être' avec des cours de yoga du rire, de Pilates ou des cabinets éphémères d’ostéopathie. Puis les 'boutiques éphémères', l’équivalent d’une vente au collaborateur mais le nom est moins sympa. Attention, on n’y vend pas la bouillotte de mamie hein, tout est moderne. Il y a aussi les 'ateliers de groupe' comme l’initiation au tricot ou la chorale d’entreprise. Enfin, il y a les 'tournois sportifs d’entreprise' qui ont aussi beaucoup de succès."


On vous voit sourire derrière votre écran, mais pas de quoi décourager Charlotte : « Dans le fait d’apporter du bien-être, il y la notion de faciliter le quotidien des employés. Attention, je ne m’inscris pas du tout dans une politique de ressources humaines. On est surtout là comme un ‘bonus’. Et si quelqu’un n’est pas heureux dans son travail, ce n’est pas un stand de manucure ou de team-building qui va changer quoi que ce soit. »

 


*Donnée issue d’une étude du site d'annonces Qapa

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